Les scientifiques n’ont de cesse de s’interroger sur ce qui a provoqué la fin des dinosaures. Voilà quatre décennies que les scientifiques se déchirent pour expliquer la crise biologique majeure qui élimina les trois quarts de la faune terrestre et marine, et marqua la transition entre le crétacé et le tertiaire. Dans un article paru jeudi 1er octobre, la revue scientifique remet en cause la théorie communément admise depuis une trentaine d’années, à savoir la collision sur terre d’une météorite géante qui aurait déréglé le climat et anéanti presque toute forme de vie.

Mais qui a vraiment tué les dinosaures ?

Le « smoking gun » découvert, l’explication devenait limpide : l’impact de l’astéroïde avait projeté dans l’atmosphère une quantité phénoménale de poussière. L’épais nuage avait durablement privé la planète de lumière, tuant d’abord les plantes et planctons. Puis l’essentiel de la faune. Or, selon des géologues américains, ce n’est pas la seule cause : d’importantes éruptions volcaniques dues à cet impact ont-elles-aussi participé à cette disparition.

Certes, cette météorite a creusé un cratère de 180 km de diamètre, à Chicxulub, dans le Yucatan au Mexique et a envoyé des nuages de poussières dans l’atmosphère, avec pour conséquence le bouleversement complet du climat, mais ce n’est pas tout. D’importantes éruptions volcaniques survenues sur les plateaux basaltiques du Deccan, en Inde, avant et après cette chute, seraient selon ces géologues la cause réelle de cette disparition, rendant les conséquences de l’impact de la météorite négligeables.

Un nouveau scénario évoqué

“Sur la base de notre datation des laves de Deccan, nous pouvons être assez certains que ce regain d’activité volcanique et l’impact de la météorite se sont produits dans une même période de 50 000 ans”, souligne Paul Renne, professeur de géologie et de sciences planétaires à l’université de Californie à Berkeley, le principal auteur de ces travaux.

Les deux hypothèses sont ainsi réconciliées, puisque les scientifiques ont constaté que dans les 50 000 ans suivant cet impact, l’activité volcanique avait très fortement augmenté, le flot des coulées de lave basaltiques du Deccan ayant ainsi doublé durant cette période. L’alliance du choc d’un astéroïde et de l’accroissement de l’activité volcanique auraient couvert la Terre d’émanations et de poussières toxiques, modifiant le climat et provoquant la disparition de nombreuses espèces, végétales comme animales. Ces effets ont en outre retardé la ré-apparition de la vie animale et végétale pendant 500 000 ans.

Une convalescence d’un “demi-million d’années”

« La biodiversité dans les océans a mis environ un demi-million d’années pour vraiment récupérer, ce qui correspond à peu près à la durée de la période pendant laquelle l’activité volcanique s’est intensifiée », précise Paul Renne. « Si nos datations continuent de rapprocher encore et encore ces trois événements − l’impact, l’extinction et l’intensification du volcanisme − il va falloir accepter la probabilité d’un lien entre-eux », souligne son collège, le géophysicien Mark Richards, co-auteur de l’article.

Paul Renne reconnaît toutefois que leurs données « ne prouvent pas de façon concluante que l’impact a causé cette intensification de l’activité climatique ». Même si, ajoute-t-il dans la foulée, « la connexion semble de plus en plus claire ».

Fin des dinosaures

Plusieurs théories expliquent la limite K-T et les causes de l’extinction massive. À la base de ces théories on trouve des impacts de météorites ou un volcanisme accru ; certaines théories intègrent les deux éléments. On a aussi proposé un scénario combinant trois causes : le volcanisme, la régression marine, et un impact cosmique. Dans ce dernier scénario, les communautés terrestres et marines auraient été perturbées par les changements dans leurs écosystèmes et par des pertes d’habitats. Les dinosaures, ainsi que les plus grands vertébrés, auraient été les premiers affectés par les changements environnementaux, en conséquence leur diversité aurait diminué. En même temps, des particules en suspension provenant du volcanisme auraient refroidi et asséché certains secteurs du globe.

Puis, un impact cosmique se serait produit, ce qui aurait causé un effondrement des chaines alimentaires fondées sur la photosynthèse, affectant à la fois les chaines alimentaires terrestres déjà perturbées et les chaines alimentaires marines. La différence principale entre cette théorie et les théories reposant sur une cause unique est que ses partisans pensent qu’aucune des causes uniques ne soit suffisante pour expliquer l’ampleur des extinctions ni pour produire le modèle taxonomique de l’extinction. (Source wikipedia)