Des chercheurs viennent de découvrir près de 120 silos de stockage de céréales remontant à l’époque des Gaulois. Les fouilles sur ce gigantesque site localisé dans dans le Puy-de-Dôme notamment sur le plateau de Corent ont démarré en 2001. Inédite en France, cette découverte archéologique est d’une importance capitale.

Professeur à l’université de Lyon II et responsable des fouilles, Mathieu Poux n’a pas manqué de souligner que c’est le plus important ensemble jamais découvert en Hexagone. Pour ce dernier, cette découverte majeure devrait aider à comprendre le mode de fonctionnement de l’économie des Gaulois.

Un site unique de stockage de grains  découvert

Selon Le Monde, les archéologues ont creusé des tranchées dans un ancien lac à 500 mètres d’altitude situé non loin de Corent, l’ancienne capitale des Arvernes, au bord de l’Allier. Sur le site, tous les silos n’ont pas encore été mis au jour, il y en aurait en tout plus d’un millier, à des profondeurs variables, selon les chercheurs cités par Le Monde. Et les premiers silos ont été repérés sur à peine 10 % de la superficie du lac. En un mot « c’est colossal », d’après Matthieu Poux.

«C’est le plus gros ensemble jamais trouvé en France et une découverte majeure pour (…) la compréhension du mode de fonctionnement de l’économie gauloise, qui n’est pas du tout rudimentaire comme on pouvait le supposer il y a une centaine d’années», a déclaré Matthieu Poux, professeur d’archéologie à l’université Lyon-2 et responsable des fouilles, confirmant une information du Monde.

«C’est une économie qui dégage des surplus, que l’on stocke et que l’on échange. Il y a un circuit de stockage et de redistribution des ressources et ce genre de découverte nous permet de faire des bonds de géant dans la compréhension de ces mécanismes», a-t-il ajouté.

Ces 120 silos, datant de l’Age de Fer (800 à 50 ans avant Jésus Christ) et dont le nombre total est estimé à plus d’un millier, ont été découverts début août en creusant des tranchées dans un ancien lac, à 500 mètres d’altitude, pour en restituer l’histoire sédimentaire, a expliqué le chercheur.

«entre un quintal et une tonne de céréales»

Pour l’archéologue, le principe de ces silos est «ingénieux»: «creusées dans un sol argileux, pratiquement imperméable à l’eau et à l’air, les fosses étaient remplies à ras bord de blé, orge ou seigle, puis obturées hermétiquement». Chacune pouvait contenir «entre un quintal et une tonne de céréales», portant la capacité du site «à plusieurs centaines de tonnes».

Ce système d’«emballage sous vide» permettait de conserver les céréales «plusieurs mois, voire plusieurs années». «Elles ont peut-être été stockées là pour soutenir un siège ou à proximité d’une grande place de marché ou alors c’était un surplus exceptionnel», a-t-il estimé.

Les parois des silos étaient recouvertes d’une couche de charbon montrant que ces installations ont été stérilisées au feu, «afin d’être utilisés plusieurs fois». Les silos «ont été comblés ensuite de terre, car ils ne servaient plus», a souligne le chercheur.

«On a le sentiment que tout a été aménagé en peu de temps car les silos sont très régulièrement espacés et on dirait qu’ils ont tous été comblés en même temps», a-t-il noté. Des prélèvements de charbon ont été effectués au fond du silo pour permettre de dater leur époque au carbone 14.