Une nouvelle espèce de dinosaures, le Ugrunaaluk kuukpikensisa, été découverte en Alaska. Ces dinosaures vivaient il y a 69 millions d’années et aurait mesuré jusqu’à 9 mètres. 6 000 fossiles ont été découverts. Cette découverte pourrait remettre en cause le besoin de chaleur des dinosaures. Selon les scientifiques qui ont fouillé à Prince Creek, la formation recèle les restes d’au moins treize espèces de dinosaures et de nombreux fossiles d’oiseaux, de petits mammifères et de poissons.

« brouteur ancien de la rivière Colville »

Que nous disent les paléontologues sur Ugrunaaluk kuukpikensis ? Déjà, son nom de baptême signifie « brouteur ancien de la rivière Colville » dans la langue des Esquimaux inupiaqs, une peuplade vivant dans l’ouest de l’Alaska. Il s’agit d’un paisible herbivore muni d’une centaine de dents de la famille des hadrosauridés.

“Il n’y a pas si longtemps, l’idée de dinosaures vivant dans un climat polaire était considérée comme… une sorte de blague, vous comprenez?” explique au Washington Post Patrick Drunkenmiller, conservateur dans la section “Sciences de la Terre” à l’université de l’Alaska.

La découverte du Ugrunaaluk kuukpikensisa remet en cause le besoin de chaleur des dinosaures

Le Ugrunaaluk kuukpikensi est un dinosaure qui fait parler de lui. Il vient en effet d’être mis a jour par une équipe de chercheurs de Floride et de l’Alaska. Et l’on nous donne déjà beaucoup d’informations à son sujet. Sa forme tout d’abord avec une tête en bec de canard. C’est ensuite sa taille qui laisse pantois avec rien de moins que 9 mètres de longueur , un poids de plusieurs tonnes et surtout la capacité de se tenir sur ses deux jambes arrières afin de brouter les hauts conifères de la région.

C’est surtout l’endroit où le squelette de 69 millions d’années a été découvert qui est très significatif. En effet, les quelques 6000 ossements, de plusieurs squelettes les uns à côté des autres, ont été retrouvé en Alaska. Or, on a toujours cru que les dinosaures ne pouvaient pas vivre dans les zones froides. Et l’Alaska il y a 69 millions d’année, c’était avant tout une zone froide même si moins dure qu’aujourd’hui. On estime les températures hivernales moyenne à 6°.

Le climat en Alaska était plus clément il y a de 66 millions d’années

Contre toute attente, cet ensemble de squelette nous révèle que les dinosaures pouvaient donc survivre à des températures bien plus froides. Même si le climat en Alaska était plus clément voici plus de 66 millions d’années, les dinosaures ne se contentaient pas seulement de parcourir des régions chaudes.

Le “brouteur ancien de la rivière Colville” comme le dit son nom est donc une formidable découverte pour les chercheurs qui voient là une ouverture incroyable pour de nouvelles thèses et de nouveaux travaux. Les enfants quand à eux s’amuseront encore longtemps d’un nom qui ressemble presque à un cri de dinosaure.

Des dinosaures au sang chaud ?

Avant le milieu du XXe siècle, la communauté des paléontologues était convaincue que tous les dinosaures étaient de sang-froid. Mais cette découverte dans le grand nord américain du “Ugrunaaluk kuukpikensi” pourrait  laisser penser que certains dinosaures étaient peut-être à sang chaud.

Pour être capable d’avoir une activité comportementale dans une zone si froide, il aurait eu besoin de s’adapter et pourquoi pas d’être endotherme, c’est-à-dire que sa température corporelle provient de leur milieu interne. Cette hypothèse sous-tend qu’au lieu de comparer le dinosaure à un reptile, il est probable qu’il ait davantage de points communs avec l’oiseau ou le mammifère par exemple.

Les régions froides, terres d’accueil des dinosaures ?

Les chercheurs de l’université de l’Alaska de Fairbanks et du département des sciences de la vie de l’université de Floride qui ont publié ce mardi leurs travaux dans le journal de paléontologie Acta Palaeontologica Polonica pensent avoir fait une précieuse découverte. Cela ne tient pas à l’espèce qu’ils ont reconstituée mais au lieu des fouilles : la formation géologique de Prince Creek, située au nord de l’Alaska. Mais la découverte de cette nouvelle espèce oblige les scientifiques à reconsidérer l’hypothèse de dinosaures capables de survivre dans des milieux autres que tropicaux.