Sam Smith, révélation soul 2014, a triomphé aux 57e Grammy Awards, remportant quatre prix, tandis que Beck a créé la surprise en gagnant le prix de l’album de l’année lors d’une soirée marquée par des prises de position contre les violences faites aux Noirs et aux femmes.

Beyoncé et Pharrell Williams, qui partaient favoris de la soirée avec Sam Smith, ont également embelli leur impressionnant palmarès, avec chacun trois prix.

Le Britannique Sam Smith, qui a également remporté les Grammys de meilleur album pop et meilleur nouvel artiste, a estimé qu’il s’agissait de “la meilleure soirée de (sa) vie”.

“Je veux remercier l’homme qui a inspiré cet album et dont je suis tombé amoureux l’an dernier”, a déclaré le jeune artiste de 22 ans aux yeux bleus. “Merci beaucoup d’avoir brisé mon coeur parce que tu m’as fait gagner quatre Grammys”, a-t-il ajouté.

Smith a connu une ascension fulgurante depuis la sortie de “Stay with me”, ballade sur une aventure d’une nuit, titre phare de l’album “In the lonely hour”.

Il a raconté qu’avant de faire ce disque il faisait “tout ce (qu’il) pouvait pour que (sa) musique soit entendue”. “J’ai essayé de perdre du poids et (…) j’écrivais de la très mauvaise musique”.

“C’est seulement quand j’ai commencé à être moi-même que la musique a commencé à venir naturellement et que les gens ont commencé à l’écouter. Alors, merci à vous de m’accepter tel que je suis”, a-t-il conclu, déclarant aux journalistes qu’il rêvait de travailler avec Lady Gaga, Joni Mitchell ou Anthony and the Johnson.

A la surprise générale, Beck, multi-instrumentiste, auteur compositeur culte, a remporté le prix de l’album de l’année pour l’intimiste “Morning Phase”, également sacré meilleur album rock.

Manifestes contre les violences

Beck, 44 ans, qui n’avait pas sorti d’album depuis six ans, a déboulé sur la scène alternative rock mondiale avec son tube “Loser” en 1994.

Parmi les temps forts de la soirée télévisée, l’une des plus regardée au monde, Madonna a fait vibrer le public du Staples Center avec son nouveau titre “Living for love”, aux accents disco et gospel.

Pharrell Williams a pour sa part remporté trois Grammys: meilleure interprétation pop solo, meilleur album de musique contemporaine pour “Girl”, et meilleure vidéo pour “Happy”, qui a été réalisée par deux Français.

En interprétant sur scène ce tube irrésistible, il a rendu hommage au mouvement contre les violences faites aux Noirs “Black lives matter” (La vie des Noirs compte). Ses danseurs en capuche ont levé leurs mains en l’air comme le cri de ralliement “Hands up, don’t shoot” (Mains en l’air ne tirez pas) du mouvement contre les violences policières.

Le rappeur Common et le chanteur soul John Legend ont eu aussi manifesté leur solidarité avec ce mouvement, en interprétant “Glory”, une chanson qui évoque le drame de Ferguson (centre), où un jeune Noir Michael Brown a été tué l’an dernier par un policier blanc.

La chanson, qui mêle gospel et rap, est tirée du film “Selma”, qui raconte les marches en faveur des droits civiques des Noirs.

Beyoncé a chanté l’une des dernières chansons de la soirée, avec des accents gospel, qui ont rythmé le plus la soirée, et ses danseurs ont eu aussi levé leurs mains en l’air.

La “reine B” a remporté trois prix dont celui de la meilleure chanson R&B pour “Drunk in love”, son duo sensuel avec son mari Jay Z.

Elle a ainsi embelli son tableau de chasse qui compte dorénavant 20 Grammys depuis le début de sa carrière, tandis qu’Eminem a décroché son sixième prix du meilleur album rap.

Parmi les autres moments forts de la cérémonie, l’ex-Beatle Paul McCartney a accompagné sur “fivefourseconds” Rihanna et le rappeur Kanye West.

Le président américain Barack Obama a par ailleurs lancé par vidéo un vibrant plaidoyer pour appeler à lutter contre les violences faites aux femmes.

La rappeuse australienne blonde Iggy Azalea, l’une des révélations 2014, est repartie bredouille tout comme sa compatriote Sia qui était nommée quatre fois.