La nouvelle série télévisée “Chefs” dont le premier épisode est diffusé mercredi soir sur France 2 fait pénétrer le spectateur dans la cuisine d’un grand restaurant parisien, un lieu riche de “tensions, de conflits, d’émotions, d’histoires et de drames”.

Le réalisateur, Arnaud Malherbe, et sa co-scénariste, Marion Festraëts, ont eu l’idée de leur sujet en découvrant la réalité très dure d’une brigade d’un grand restaurant dans un documentaire. Ils ont été frappés par la souffrance au travail en cuisine dont rien ne doit transparaître en salle.

La première saison compte 6 épisodes de 52 mn, diffusés par deux chaque mercredi. Une deuxième saison de huit épisodes de 52 mn devrait suivre.

Chef (Clovis Cornillac) est une star de la gastronomie française, sa vie se borne à la cuisine du “Paris”, restaurant qu’il a fondé 25 ans plus tôt. Il est exigeant, déterminé, autoritaire.

Son second Yann (Nicolas Gob) est un caractère violent et jaloux, tout dévoué au Chef. Arrive Romain (Hugo Becker), qui a connu la prison pour des cambriolages.

En libération conditionnelle, il va découvrir dans la cuisine du “Paris” un savoir-faire mais aussi les tensions, les rivalités, voire la violence.

Bien que la gastronomie soit une valeur fondamentale de la culture et de l’art de vivre en France, “la force dramatique” qui habite les cuisines des grands restaurants a peu inspiré la fiction.

Au cinéma, ce sont pour la plupart des comédies comme “L’Aile ou la Cuisse” (Claude Zidi), “Le Grand Restaurant” (Jacques Besnard) ou encore “La Grande cuisine” (Ted Kotcheff), une comédie policière unique en son genre.

Les auteurs se défendent de surfer sur la vague d’émissions de télé-réalité culinaire, comme “Top Chef” sur M6 ou “Masterchef” sur TF1. “Au contraire, nous cherchions le côté un peu obscur de ce qui se joue en cuisine”, dit Arnaud Malherbe.

‘Maîtriser le feu’

Ils ont cherché à exploiter “un univers riche de tensions, de conflits, d’émotions, d’enjeux, d’histoires et de drames”, a déclaré à l’AFP Marion Festraëts.

“C’est un univers clos, avec un côté soldat et des termes martiaux”, ajoute Arnaud Malherbe. “Une cuisine, comme un sous-marin, a sa hiérarchie et sa discipline, un besoin vital d’efficacité, en activité permanente, des enjeux très élevés”.

Le chef, tel un commandant, est le seul à porter un uniforme noir. Pour Clovis Cornillac qui l’incarne, “la force” de cette cuisine “c’est de dire +c’est la guerre+”. Etre chef, “c’est maîtriser le geste, le temps et le feu”.

Les comédiens ont été “coachés dans le labo” du chef David Toutain dont le restaurant parisien a une étoile au Michelin. “Je ne suis pas devenu cuisinier, le principe était de ne pas se trahir dans le geste et passer pour un charlot”, dit Clovis Cornillac qui confie aimer la bonne chère et avoir même eu un restaurant à Lyon qu’il a cédé aujourd’hui.

“Que l’on joue un garagiste ou un chef d’Etat, il s’agit de transmettre l’essence d’un métier”, souligne-t-il.

Si tous les figurants sont des professionnels, qu’une cuisine véritable a été reconstituée et que des plats ont vraiment été conçus pendant le tournage, “il n’était pas question pour autant de faire du naturalisme”, souligne le producteur Xavier Matthieu.

“C’est une tragédie moderne avec des codes et des archétypes forts”, ajoute-t-il, elle répond aux canons du récit classique”.