En Allemagne, sur le site fossilifère de Messel, des paléontologues allemands viennent de faire d’une pierre deux coups. En effet, lors de fouilles, ils ont mis à jour le fossile d’un équidé vieux de 48 millions d’années, ancêtre de notre cheval moderne. Outre l’importance de cette première découverte, ils ont trouvé à l’intérieur de ce fossile un second fossile.

Le foetus de 12,5 cm de long est bien préservé, avec quasiment tous les os attachés les uns aux autres à l’exception du crâne, qui a apparemment été écrasé, précisent les scientifiques dont la découverte est publiée mercredi dans la revue scientifique américaine PLOS One (Public Library of Science).

Le squelette du fœtus de 12,5 centimètres est presque complet

L’équidé, une femelle, était pleine le jour où elle est morte. Le squelette du fœtus de 12,5 centimètres est presque complet, parfaitement préservé, avec, en plus, des traces de tissu mou provenant du placenta et un ligament utérin. Il s’agit du plus vieux système utérin connu aujourd’hui, avec ses 48 millions d’années. Seul le crâne du fœtus est manquant.

L’espèce, Eurohippus messelensis, n’a été décrite pour la première fois qu’en 2006. D’une hauteur de 40cm environ, cette espèce ne possédait pas encore de sabot comme aujourd’hui, mais avait quatre doigts de pied à l’avant et trois à l’arrière. Outre cela, l’espèce est étonnamment proche de nos chevaux modernes et l’état de préservation des deux fossiles a permis d’en apprendre encore un peu plus sur eux.

Une couche de bactéries avait remplacé la plupart des tissus mous

Les chercheurs ont pu reconstituer l’apparence et la position d’origine du fœtus. Ils ont ainsi établi qu’il y a 48 millions d’années, les fœtus de cette espèce prenaient la même position dans l’utérus de leur mère que les fœtus actuels. Le système reproducteur des chevaux n’aurait ainsi pas évolué depuis cette époque. Grâce à un scanner et aux rayons X, les paléontologues ont trouvé qu’une couche de bactéries avait remplacé la plupart des tissus mous. ce qui est commun dans les autres spécimens découverts dans la région.

Ces chercheurs du Senckenberg Research Institute à Francfort, en Allemagne, et du musée d’Histoire naturelle de Bâle, en Suisse, ont constaté que le système de reproduction observé dans ce fossile correspond largement à celui des juments modernes.

La femelle pourrait avoir été tuée en respirant des gaz toxiques

L’étude du fossile leur a aussi indiqué que la mère était prête à mettre bas lorsqu’elle est morte, sans toutefois que cela soit la cause de sa mort. A cette époque, le lac Messel avait une forte activité volcanique et libérait constamment des gaz toxiques. Venant s’abreuver dans le lac, la femelle pourrait avoir été tuée en respirant ces gaz.

Ce n’est pas la première fois qu’un foetus est retrouvé dans un fossile d’équidé. Parmi les spécimens les plus spectaculaires découverts par Bernard Riou dans les diatomites (roche constitué d’un agglomérat d’algues unicellulaire) de l’Ardèche, une femelle hipparion (ancêtre du cheval) a également été conservée avec son foetus.