Près de la moitié des montres à quartz fabriquées en Suisse seront connectées d’ici 3 à 5 ans, estime le patron de Frédérique Constant qui propose une montre connectée au salon horloger de Bâle.  Bien que connus pour la tradition des montres mécaniques, les horlogers suisses ont exporté quelques 20,4 millions de pièces électroniques l’an passé, selon les statistiques de la fédération horlogère suisse. 

“D’ici trois à cinq ans, nous nous attendons à ce que 30 à 50% de celles-ci soient connectées”, a déclaré Peter Stas, le patron de cette marque genevoise, lors d’un entretien avec la presse à Baselworld, le grand rendez-vous annuel de l’horlogerie. “Ce que nous allons voir est un changement de paradigme”, a-t-il estimé.

Les montres produites en Extrême-Orient vont elles aussi prendre le virage de la montre connectée, a-t-il noté, soulignant que celles-ci allaient arriver sur le marché en énorme quantité.

“Personne ne sait si cela va être bientôt 10%, 20%, 30 ou même 50%, mais cela va venir”, a-t-il prévenu.

Frédérique Constant a présenté à Baselworld une montre connectée, baptisée “Horological Smartwatch”, qui permet entre autres de suivre les cycles du sommeil. Dotée d’une pile qui offre une autonomie de deux ans, elle permet d’obtenir des graphiques sur un jour, une semaine ou un mois qui retracent par exemple le temps qui a été nécessaire pour s’endormir ou les différentes phases du sommeil.

D’autres fonctionnalités pourront être rajoutées au fil de développement de la plateforme qui sert d’interface entre la montre et le téléphone, a précisé Peter Stas, expliquant que la maison pourra accompagner les futurs acquéreurs de la montre sur les 15 à 20 prochaines années. “Elle ne sera pas obsolète”, a-t-il poursuivi, soulignant que les clients pourront en revanche changer de téléphone au fil de l’évolution des produits.

Peter Stas, un entrepreneur hollandais qui a notamment travaillé chez Philips, le géant néerlandais de l’électronique grand public, a estimé qu’il était primordial de se positionner le plus tôt possible sur ce créneau.

“Avec ce type de produits, nous n’avons plus affaire au cycle traditionnel de l’horlogerie”, a-t-il affirmé, alors que les fabricants de montre proposent habituellement des nouveaux produits une fois par an.

“Avec l’électronique, c’est une fois tous les quelques mois”, a-t-il rappelé.

A ses yeux, la montre connectée ne va toutefois pas détrôner la montre mécanique, cette tradition faisant toute la valeur de l’horlogerie suisse, permettant aux marques helvétiques de garder la haute main sur ce marché.

“Bien sûr, nous allons continuer à développer cette partie de notre activité”, a-t-il insisté.  A Baselworld, Frédérique Constant présente notamment une montre mécanique pour dame baptisée Slimline Moonphase Manufacture, et prévoit de lancer cinq calibres de manufacture cette année.

Frédérique Constant se positionne sur le segment du luxe à un prix abordable, avec une gamme de prix s’étalant en moyenne entre 600 et 4.000 francs suisses (l’équivalent en euros), bien que certains modèles se vendent jusqu’à 40.000 francs. Non cotée en Bourse, cette société qui emploie environ 220 personnes, ne dévoile pas son chiffre d’affaires. Selon les estimations de Rene Weber, analyste chez Vontobel, ses ventes avoisinaient 185 millions de francs suisses en 2013.