Le groupe de luxe et d’habillement sportif Kering, engagé depuis plusieurs années dans une démarche de développement durable, a signé un partenariat de trois ans avec la Fondation Nicolas Hulot sur l’approvisionnement de matières premières, a indiqué à l’AFP une porte-parole de Kering lundi.

La Fondation apportera “un regard sur les méthodes et la stratégie de Kering” en termes d’approvisonnement d’or, de diamants, de cuirs, de peaux précieuses…, en particulier sur l’impact sur les espèces et les habitats naturels, avec une analyse particulière sur l’approvisionnement dans les pays du Sud, a expliqué Kering, confirmant une information de La Lettre de l’Expansion.

L’autre axe de ce partenariat consistera à mettre en place un pool d’entreprises, au-delà du secteur du luxe et du sport & lifestyle, pour créer un dynamique collective autour de “l’approvisionnement éthique et durable en matières premières responsables”, a précisé la porte-parole.

“L’idée, c’est qu’on est plus fort à plusieurs”, a-t-elle souligné.

Deux cibles ont été retenues dans un premier temps: un projet plus centré sur l’Europe autour de l’élevage bovin pour les filières cuir/viande/produits laitiers (traçabilité, qualité de la production…) et un projet plus international autour de la question du coton bio (Madagascar, Afrique…)

L’un des enjeux de la Fondation Nicolas Hulot est de concilier les enjeux de conservation et de biodiversité et le bien-être et le développement des populations locales. Nicolas Hulot est depuis plus de deux ans l’ambassadeur de la France à l’ONU pour la protection de la planète.

Kering est pour sa part l’un des grands groupes français les plus en pointe sur la question du développement durable. Il s’est fixé en 2012 une série d’objectifs à atteindre d’ici 2016 en matière de durabilité: émission de CO2, consommation d’eau, pollution de l’eau, utilisation des sols, pollution de l’air et production de déchets.

“Et nous devrions publier pour la première fois cette année, avec un an d’avance, un compte de résultat environnemental (E-P&L) qui mesure l’impact de toutes les activités du groupe Kering sur l’environnement, tout au long de la chaîne d’approvisionnement”, a expliqué la porte-parole.

“Cela permettra de voir où sont les impacts les plus forts et de prendre les meilleures décisions pour limiter l’empreinte sur l’environnement”, a-t-elle ajouté.

Kering avait publié en mai 2014 un premier rapport d’étape sur ses objectifs de développement durable. Il avait à cette occasion indiqué que Gucci, sa marque phare, avait acheté 30 kg d’or certifié “Fairmined” – le plus gros achat d’or “durable” jamais réalisé par une entreprise dans le monde, avait souligné le groupe.

Parmi ses objectifs, Kering vise notamment à éliminer tout PVC de ses produits. Moins de 2% des produits en comportaient encore fin 2014. La production de déchets a aussi été réduite de 15% depuis 2012 sur les sites du groupe.

Kering met l’accent “durable” à la fois sur les procédés de fabrication, sur l’approvisionnement en matières premières et sur le personnel.

Il a notamment noué des partenariats avec plusieurs organisations sur la préservation des pythons – Gucci est l’une des marques de luxe les plus consommatrices de ces peaux de serpent – et des crocodiles de Madagascar.

Le groupe a aussi ouvert en juillet 2013 près de Milan un laboratoire à disposition de ses marques, le Materials Innovation Lab (MIL), qui les aide à identifier des matières premières responsables et comprend “une bibliothèque de plus de 1.400 tissus et de fibres alternatifs”, a expliqué la porte-parole.