Les opérateurs de télécoms vont devoir réadapter leurs stratégies, entre convergence entre contenus et réseaux ou concentration sur la qualité du réseau, pour répondre aux nouvelles attentes et à l’évolution des modes de consommation des utilisateurs , selon une étude réalisée par le cabinet de conseil AT Kearney.

“Dans beaucoup de pays, dont en premier lieu les Etats-Unis, le match est déjà joué entre opérateurs et pure-players (les fournisseurs de services, ndlr). La particularité du marché français est qu’il pourrait voir cohabiter et prospérer deux formes distinctes d’opérateurs”, a estimé Hervé Collignon, associé d’AT Kearney, en charge des télécoms, des médias et des nouvelles technologies.

Pour la majorité des personnes interrogées en France par le cabinet, le prix ou la qualité de réseau restent en effet les principaux critères d’achat (32% chacun), très loin devant la possibilité d’accès à la vidéo à la demande ou les offres en jeux et applications (1%).

“Il s’agit de concentrer ses efforts afin d’être +fournisseur de connexions+, c’est-à-dire vendre le meilleur accès au meilleur prix. Cette stratégie impose de se recentrer sur ses activités principales, de les simplifier et de recourir au partage des infrastructures de réseaux”, explique l’étude.

Pour autant, si 52% des Français favorisent un opérateur qui répondra en premier lieu à ces critères, 21% seraient “prêts à se satisfaire d’un service d’assistance ne traitant que des requêtes relatives à la connectivité”.

Selon le cabinet, en s’appuyant sur une stratégie de diversification, les opérateurs peuvent répondre à “une réelle attente du marché pour un opérateur qui concentre les services et accompagne ses clients”, en particulier vers la vidéo à la demande et les offres d’applications payantes, considérées comme possédant “un potentiel de développement” pour les opérateurs.

“L’’évolution très rapide de la demande et l’agressivité des acteurs américains obligent les opérateurs européens à faire des choix radicaux et à les faire vite. Pour l’Europe, cela revêt une importance particulière afin d’éviter que la valeur générée ne parte que chez les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon, ndlr). En France, la concentration inéluctable du secteur devrait clarifier les positionnements très vite”, conclut M. Collignon.

L’étude a été réalisée auprès de 15.000 personnes dans une vingtaine de pays européens, ainsi qu’aux Etats-Unis.