Les femmes des pays à revenus bas et moyens sont sous-équipées en téléphones mobiles et c’est en Asie du Sud que le déséquilibre est le plus criant, selon une étude publiée mardi.

Plus d’1,7 milliard de femmes issues de ces pays, soit 59% de la population féminine, n’a pas accès à un téléphone mobile, selon une étude publiée par l’association mondiale des opérateurs de télécoms GSMA (plus de 800 opérateurs) en collaboration avec le cabinet Altai Consulting à l’occasion du Congrès mondial de la téléphonie mobile à Barcelone.

Si en moyenne les femmes de ces pays ont 14% moins de chance d’être équipées que les hommes, ce taux tombe à 38% pour les femmes d’Asie du Sud, la zone où le déséquilibre hommes-femmes est le plus grand.

Et “même quand les femmes possèdent des téléphones mobiles, il y a un important fossé entre hommes et femmes dans l’usage qu’elles en font, ce qui les empêche de récolter les pleins bénéfices attachés à la détention d’un téléphone mobile”, souligne l’étude.

Plus souvent équipées d’un téléphone bas de gamme les femmes sont moins susceptibles d’être connectées à l’internet et en moyenne elles font un usage moins intensif des terminaux, se contentant souvent des communications vocales. Ce sous-équipement est un obstacle à l’émancipation des femmes dans ces pays, limitant leur autonomie, leur connectivité ainsi que l’accès aux nouvelles opportunités économiques ou d’éducation.

Du point de vue de l’industrie mobile, un rattrapage du taux d’équipement des hommes représenterait aussi un marché de 170 milliards de dollars sur les cinq prochaines années. L’étude encourage l’industrie à proposer des produits meilleurs marchés pour améliorer les taux d’équipement féminins, avec des solutions de paiements accessibles aux plus bas revenus, d’autant plus que les femmes sont souvent dépendantes financièrement de leur famille.

L’étude se fonde sur des sondages auprès de 11.000 personnes, près de 80 groupes de discussions, et des interviews avec des experts dans 11 pays.