Le groupe japonais Nintendo, dont la console Wii U est à la traîne, espère en augmenter la popularité en alliant ses jeux vidéo avec des figurines permettant de jouer dans le monde réel, s’inspirant d’une recette testée avec succès par certains éditeurs. Nintendo a annoncé mardi, en prélude à l’ouverture du salon des jeux vidéo E3 de Los Angeles, le lancement de ces nouvelles figurines baptisées “amiibo”, et qui seront à l’effigie de personnages de jeux vidéo célèbres comme “Mario”, “Pikachu” ou “Zelda” par exemple.

Elles intègreront une puce informatique leur permettant de stocker et d’échanger des données avec le contrôleur de la Wii U. Les personnages amiibo feront leurs débuts avec le jeu “Mario Smash Bros”, annoncé pour plus tard cette année, et devraient à terme être compatibles avec une série de jeux dont “Mario Kart”.

Nintendo s’inspire ainsi d’une tendance, dont l’éditeur de jeux américain Activision Blizzard avait été le pionnier en 2011, quand il avait sorti des figurines inspirées des personnages de “Skylanders: Spyro’s Adventure” et pouvant prendre vie dans le jeu vidéo quand on les posait sur un socle spécifique.

Skylanders a depuis dépassé 2 milliards de dollars de recettes.

Le principe avait été repris l’an dernier dans le jeu “Infinity” de Disney, avec des figurines inspirées de l’univers du géant du cinéma et du divertissement ou de ses filiales Pixar ou Marvel. “Cela a eu beaucoup de succès”, a reconnu Sean Patton, un responsable de Disney Interactive, en présentant de nouveaux personnages qui s’ajouteront à la gamme cette année. Sur son stand à l’E3, Disney permettait notamment de jouer avec des figurines Hulk, Iron Man ou Spiderman.

“Infinity” comme “Skylanders” sont compatibles avec la plupart des grands modèles de consoles, quand Nintendo insiste surtout sur la compatibilité de ses propres figurines avec sa Wii U. Cette console, qui succédait à la Wii mais n’a pas réussi à susciter le même engouement, avait été lancée fin 2012, un an avant les dernières nées de Microsoft (Xbox One) et Sony (PlayStation 4) qui affichent des ventes nettement plus élevées.

Se diversifier pour se relancer. Après avoir raté le tournant des dernières consoles avec sa Wii U, Nintendo a décidé de miser sur les jouets vidéo avec les “Amiibo”, en vente en France depuis le vendredi 28 novembre à 15 euros l’unité.

C’est quoi un “Amiibo”?

Le concept est simple, il s’agit de petites figurines équipées d’une puce représentant les plus célèbres personnages de chez Nintendo (Link, Mario, Yoshi, etc…). La puce en question permet de connecter ces jouets avec la console de salon Wii U et d’ici 2015 avec la portable 3DS. Concrètement, les Amiibo seront compatibles avec certains jeux comme Super Smash Bros ou Mario Kart 8, mais auront un apport inégal. En effet, cela ira du simple débloquage de costume au gain de niveau d’expérience.

Pourquoi Nintendo joue gros

La société japonaise est dans le rouge depuis plusieurs années. En mai 2014, le pionner des jeux vidéo annonçait une perte de 170 millions d’euros pour un chiffre d’affaires en baisse de 10%. Les Amiibo doivent relancer l’attrait pour la console Wii U, vendue à 7 millions d’exemplaires depuis 2012. D’ailleurs, Nintendo prévoit déjà la sortie de nouvelles figurines.

Les figurines Amiibo seront utilisables dans plusieurs jeux Nintendo, mais ne pourront stocker les données que d’un seul titre à la fois. De quoi inciter à l’achat de nouveaux jouets, vendus 15 euros pièce. La gamme de personnages va progressivement s’étoffer, et des figurines plus petites, donc moins chères, feront leur apparition pour séduire tous les porte-monnaie. Nintendo s’assure une visibilité maximale dans les magasins avec ses mascottes iconiques, qui ciblent aussi bien les enfants que les adultes nostalgiques ayant grandi avec les jeux Mario et Zelda.

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Un concept qui marche

Nintendo n’a rien inventé. Ses jouets vidéo s’approchent de ce qu’a réalisé Activision avec les Skylanders en 2012. Le succès était au rendez-vous avec un chiffre d’affaires en 2013 de 2 milliards de dollars, principalement grâce à la vente des 175 millions de figurines (6 à 15 euros pièce). Les Amiibo est une des illustrations de la stratégie de diversification de Nintendo. Renouant avec ses origines – la société, fondée à la fin du XIXe siècle, fabriquait des cartes à jouer, avant de se lancer dans le jouet -, l’entreprise n’a pas peur de chercher des revenus en dehors du secteur des consoles. Prochain projet: la santé connectée, avec un appareil qui permettra de mesurer la qualité du sommeil.