George Osborne a présenté mercredi son dispositif contre les adeptes de l’optimisation fiscale agressive. Une nouvelle taxe de 25% sur les multinationales qui cherchent actuellement à échapper à l’impôt avec des montages fiscaux complexes.

“Aujourd’hui j’introduis une taxe de 25% sur les bénéfices générés par les multinationales sur leur activité réalisée ici au Royaume-Uni et qu’elles font sortir artificiellement du pays”, a annoncé le ministre des Finances George Osborne lors de son traditionnel discours d’automne sur le budget et l’économie.

Le retour de la “taxe Google” ? Il ne s’agit pas cette fois de taxer les revenus publicitaires des régies Internet ni de la France mais du gouvernement britannique, qui a annoncé mercredi une nouvelle taxe de 25% sur les profits générés par les multinationales, qui recourent à des montages complexes pour transférer leurs bénéfices hors du pays et échapper ainsi à l’impôt, à l’image de Google, Amazon ou Starbucks.

Une “taxe Google” au Royaume-Uni contre l’évasion fiscale

Il avait déjà indiqué fin septembre, lors de la conférence du parti conservateur à Birmingham, son intention de faire payer les multinationales qui échappent artificiellement à l’impôt. Ce dispositif en gestation a été baptisé “Google tax”, du nom du géant américain de l’internet régulièrement critiqué pour ses pratiques d’optimisation fiscale agressives.

“Certaines des plus grandes entreprises du monde, notamment celles du secteur technologique, utilisent des structures élaborées pour éviter de payer des impôts (…). Ce n’est pas juste pour les entreprises britanniques ni pour les Britanniques”, a jugé George Osborne.

“Mon message est cohérent et clair: des impôts bas, mais des impôts qui seront payés”, a ajouté le chancelier de l’Echiquier, dans un discours important à moins de six mois des prochaines élections.

La taxe google devrait rapporter 1,26 milliards d’euros

Surnommée “taxe Google” outre-Manche, cette “taxe sur les bénéfices détournés” (Diverted Profits Tax), évoquée en septembre par Osborne, est une première mondiale et devrait rapporter plus d’un milliard de livres (1,3 milliard d’euros) sur les cinq prochaines années, a fait valoir le ministre des Finances britannique. Les modalités d’application de la taxe seront annoncées dans les prochaines semaines.

George Osborne a également annoncé un changement des règles sur la taxation des banques, ce qui devrait les conduire à devoir payer près de 4 milliards de livres supplémentaires sur 5 ans.