Après le Canada, les Etats-Unis et la Suisse, la location de sapins de Noël naturels arrive sur le marché français, même si elle se limite encore à une clientèle ultra-minoritaire de familles franciliennes. Plutôt que d’abandonner son conifère de Noël sur un trottoir après quinze jours passés en sa compagnie, la location lui redonne en principe une nouvelle vie au grand air.

C’est le concept imaginé en 2009 par les Suisses d’Ecosapin et repris depuis deux ans par la start-up parisienne Treezmas, qui préfère utiliser le terme “d’adoption” de sapins. Vous commandez un sapin sur internet et ce dernier vous arrive du Morvan en pot, par livreur, et avec son “carnet de soins”, entendez une liste de conseils pour le garder en forme. Après les fêtes, l’arbre repartira par la même voie chez un agriculteur ou un pépiniériste partenaire pour continuer sa croissance en pot s’il est encore petit, pour être replanté en terre s’il est déjà grand.

Coût du service: entre 64 et 119 euros chez Treezmas, contre 100 euros en moyenne pour Ecosapin. S’il arrive que l’arbre ne survive pas à son passage sous un toit chauffé (entre 20% et 30% des cas), il est alors recyclé pour être transformé en copeaux de bois ou valorisé en biogaz.

Optimiser les livraisons en covoiturant les sapins

“La majorité de nos clients sont des mères de famille qui vivent en région parisienne. Elles trouvent pratique de se faire livrer leur sapin à domicile et apprécient l’aspect écologique”, résume Rémy Rousset, 27 ans, l’un des quatre fondateurs de Treezmas. Quant à l’empreinte carbone de ces allers-retours, le jeune homme avance une volonté “d’optimiser les livraisons en covoiturant les sapins”, même si ce point est encore à l’étude.

Pourtant, malgré la progression des commandes, passées de 400 en 2012 à 1.000 en 2013 et 1.400 attendues cette année, et un chiffre d’affaires de 80.000 euros l’an dernier, la petite entreprise est encore loin d’être rentable. Les fondateurs, quatre ingénieurs des Arts et métiers, ne se rémunèrent pas, et tous ont un travail à côté. En cause: des marges trop faibles compte tenu des coûts, notamment de logistique.

Location de sapins Noël

“Nous voulons continuer à grandir sans aller trop vite en essayant de changer la manière de consommer. Pour nous, c’est aussi un laboratoire du monde entrepreneurial”, reconnaît Rémy Rousset. Les Suisses d’Ecosapin, plus anciens sur le créneau, vont passer quant à eux la barre des 3.000 commandes cette année après avoir réalisé 330.000 euros de chiffre d’affaires en 2013. “En Suisse, nous avons de la chance, le pouvoir d’achat est plus élevé, même si notre marge n’est pas monstrueuse”, note Julien Bugnon, l’un des deux fondateurs. Ecosapin rémunère déjà deux personnes à temps partiel à l’année et en emploie une dizaine d’autres pendant les fêtes.