La société américaine BitTorrent, longtemps connue surtout pour son logiciel d’échange de vidéos en ligne, a annoncé mercredi un partenariat avec les studios Rapid Eyes pour produire des programmes originaux.

Ils seront proposés dans un premier temps en exclusivité pendant 30 à 60 jours sur la plateforme Bundle, lancée en 2013 par BitTorrent, d’après un communiqué publié sur son site internet. Bundle permet déjà de télécharger et de regarder ou écouter en ligne en streaming (sans téléchargement préalable) des contenus légaux, fournis par des studios comme Sony et Universal ou des artistes comme Madonna et Linkin Park par exemple.

Le visionnage des productions originales sera soit payant, soit financé par de la publicité, au choix de leurs créateurs auxquels BitTorrent promet de reverser 90% des recettes. Un porte-parole a précisé à l’AFP qu’il s’agissait d’un “contrat de plusieurs années” portant sur plusieurs productions, dont les détails ne sont pas divulgués dans l’immédiat. “C’est une part majeure de notre stratégie visant à construire une entreprise de médias”, a-t-il ajouté.

Le directeur des contenus de BitTorrent, Matt Mason, a souligné que le partenariat, qui s’accompagne de l’ouverture d’un bureau à Los Angeles, “aide BitTorrent à établir une tête de pont à Hollywood”. D’autres acteurs internet ont commencé ces dernières années à produire des programmes originaux rivalisant avec ceux des chaînes de télévision traditionnelles.

“D’autres producteurs de contenus originaux, comme Amazon Prime, Neflix et Hulu, ont fait d’importants progrès, mais nous commençons avec un gros avantage: nous avons un public plus large que toutes ces plateformes combinées”, a indiqué M. Mason. BitTorrent revendique 170 millions d’utilisateurs actifs mensuels, dont beaucoup de jeunes de 14 à 25 ans que les programmes originaux cibleront en priorité.

BitTorrent avait lancé son logiciel d’échange de vidéos sur l’internet en 2001 et passait pour l’un des principaux site d’échange de vidéo et de films piratés. La société avait notamment été visée par une plainte des grands studios de cinéma hollywoodiens avant d’opter pour une approche plus légale, avec le lancement en 2007 d’un site payant.