Accelerated Mobiles Pages, le nouvel outil de Google, permet une lecture plus rapide des journaux sur les tablettes et smartphones. Le plus surprenant, c’est que les maisons d’édition, jusqu’ici assez défavorables au géant du web, ont l’air cette fois-ci de se laisser amadouer. l’Open Web qui est en jeu, face à la puissance des plateformes Facebook et Apple, qui cherchent à capter l’audience mobile des medias en hébergeant directement les contenus au sein de leurs applications.

Google adapte HTML au Web mobile pour plus de vitesse

Il faut dire que le smartphone est un outil de plus en plus utilisé pour lire des articles, et qu’il a été calculé qu’au bout de huit secondes d’attente infructueuse, l’utilisateur n’était plus là.

L’avantage du système pour les éditeurs de presse, c’est qu’ils peuvent l’utiliser à leur profit. Il conservent les recettes publicitaires générées, sans qu’aucune taxe soit prélevée, ce qui est le moteur de la guerre de l’information sur Internet . Alors qu’ Apple et Facebook n’offrent pas les mêmes facilités. A partir de là, leur ancienne hostilité n’a plus de raison d’être, d’autant plus que l’outil est performant et permet vraiment d’ouvrir les pages en vitesse express.

D’autre part, il existe de multiples liens avec Twitter, Pinterest ou LinkedIn. Ces liens démultiplient le potentiel de lecture, ce qui explique aussi que des journaux autrefois rétifs, comme le Wall Street journal, le New York Times, le Guardian, Les Echos, La Stampa, le Frankfurter Allgemeine Zeitung  ou même le Figaro, en pointe pour les vidéos, se montrent aujourd’hui plutôt favorables.

Plus surprenant encore, Lagardère Active, qui menait jusqu’ici la fronde contre le géant américain en association avec le groupe Springer, avec l’open internet project, a annoncé la perspective de partenariats avec Google.

En fait, il semble que les groupes de presse aient réalisé que leur combat contre le moteur de recherche fait beaucoup de dégâts, comme en Espagne, où Google News a du cesser toute activité, ce qui ne fait l’affaire de personne. Et que l’on assiste à une vaste réorientation stratégique dont cet épisode est la première date marquante.

Google veut rester incontournable

Gingras a précisé que Google ne percevrait pas de pourcentage des recettes publicitaires générées pour les médias grâce à ce système d’indexation. L’un des partenaires du lancement, le tabloïd new-yorkais Daily News, l’a bien précisé : « Cette plateforme permet au Daily News de garder le contrôle de la monétisation, pour lui permettre de se développer et d’approfondir ses relations avec les annonceurs et partenaires. »

Pour Google, la stratégie reste immuable : il s’agit de préserver sa part de marché et de rester incontournable sur l’Internet mobile comme il l’est sur l’Internet fixe, alors que le temps moyen passé par les Américains sur un support mobile dépasse celui passé sur un ordinateur : 2 h 54 contre 2 h 12 par jour en 2015, selon les projections de l’institut d’étude eMarketer. Or, même si les mobinautes passent encore actuellement plus de temps sur des activités liées à un navigateur qu’à des réseaux sociaux (51 minutes contre 27 minutes, selon eMarketer), la concurrence est féroce avec d’autres géants du Net : Facebook, le site au milliard de connexions par jour, et Apple, pionnier et toujours acteur de premier plan des smartphones, tablettes et désormais montres connectées.

Selon une étude du cabinet Parse.ly citée par le New York Times, Facebook est la voie d’accès pour 40 % des visites de sites d’information, contre 38 % pour Google. Google pour survivre doit donc tout faire pour rester incontournable. Et cela passe par une offre de résultats agréablement consultables dans le moteur de recherches comme dans Google News, qui va également bénéficier de la technologie AMP – dont les données technibles sont accessibles sur GitHub.

Du côté des médias partenaires, qui peinent encore à réinventer un modèle économique viable, AMP comme Instant Articles fournissent des vitrines plus attrayantes pour leurs productions et leur permettent d’espérer plus de visites et, partant, plus de recettes publicitaires.