L’avion solaire monoplace “Solar Impulse” créé par deux Suisses Bertrand Piccard et André Borschberg en juin 2004 refait parler de lui. Projet visant à faire voler nuit et jour, sans carburant ni pollution, cet appareil à moteurs électriques alimentés uniquement par notre Soleil. Comment ? Grâce à l’énergie récupérée de panneaux photovoltaïques recouvrant ses ailes.

Le 9 mars dernier, il était déjà dans l’actualité, ayant décollé d’Abou Dhabi, capitale des Emirats arabes unis afin de parcourir au total 35 000 kilomètres en douze étapes, dont Oman, l’Inde et la Birmanie jusqu’à présent.

Dans la nuit de samedi à dimanche, l’oiseau photovoltaïque a redécollé. Et cette fois pour un vol historique, car il s’agit de sa plus longue étape. Reliant Nankin capitale de la province chinoise du Jiangsu à l’île d’Hawaï située dans l’Océan Pacifique où il devrait atterrir vendredi vers 5 heures (heure française). Un vol de 8 172 kilomètres. En cas de réussite, les cent trente heures de vol, soit plus de cinq jours, constitueraient un record de vol sans escale pour un pilote dans l’histoire de l’aviation.

Un sacré défi pour le pilote de chasse et ingénieur suisse de 63 ans André Borschberg. Ne pouvant quitter son siège durant la totalité du vol, le Suisse devra gérer sommeil, stress et ses besoins naturels du mieux possible. Il se contentera de siestes de 20 minutes, fera du yoga pour lutter contre le stress du vol et de l’enfermement, et son siège pour l’occasion prévoit un système astucieux de WC.

En cas de grave problème, il ne pourra compter que sur lui-même. Muni d’un parachute ainsi que d’un radeau de survie, il pourrait être obligé d’attendre les secours jusqu’à 3 jours au milieu de l’Océan Pacifique.
Si tout se déroule comme prévu, il restera à «Solar Impulse 2» encore près de 19 000 kilomètres à parcourir et un autre océan à traverser, l’Océan Atlantique. On leur souhaite bon vol !

La météo force Solar Impulse à atterrir à Nagoya, au Japon

L’avion révolutionnaire Solar Impulse 2, qui s’est lancé dimanche matin depuis la Chine à l’assaut du Pacifique, va être forcé de se poser à Nagoya, au Japon, en raison de la détérioration de la météo sur sa route prévue vers Hawaï, ont annoncé lundi les organisateurs.

“La fenêtre météo vers Hawaï s’est détériorée. Nous avons décidé de réaliser un atterrissage intermédiaire à Nagoya !”, a annoncé le site Twitter officiel des organisateurs. Piloté par le Suisse André Borschberg, l’appareil solaire avait été forcé lundi d’interrompre sa progression vers le Pacifique et de se mettre en circuit d’attente au-dessus de la mer du Japon.

L’étape imprévue a été confirmée par Bertrand Piccard, le second pilote suisse à alterner aux commandes de l’avion. “Nous allons attendre une amélioration des conditions pour repartir”, a déclaré Bertrand Piccard. “Nous disons merci à nos amis japonais qui ont été très accommodants, pour nous donner l’autorisation, à la dernière minute, de nous poser sur leur territoire”, a ajouté l’explorateur suisse.

“Je m’oriente vers Nagoya, au milieu de beaux cumulus près de Nagano”, une ville au nord-ouest de Tokyo, a tweeté peu après André Borschberg, qui devrait se poser vers 13H00 GMT lundi.

Solar Impulse 2 a décollé dimanche à 02H39 (18H39 GMT samedi) de Nankin (est de la Chine) pour la plus périlleuse des étapes de son tour du monde, durant laquelle le pilote suisse devait tenir six jours et six nuits.

‘Trop dangereux’

Ce départ depuis Nankin, où l’avion était cloué depuis le 21 avril, avait été reporté à plusieurs reprises déjà en raison d’une météo défavorable.

Aucune indication n’était disponible lundi sur le temps que prendra l’immobilisation de Solar Impulse au Japon: “Il est très difficile de faire des prévisions”, a encore déclaré Bertrand Piccard. “Cela serait trop dangereux de vouloir traverser” le front nuageux, a-t-il ajouté.

“Nous sommes déçus, bien sûr, mais à un moment où tout le monde est extrêmement satisfait de l’avion”, a-t-il poursuivi. Jamais Solar Impulse 2 n’avait en effet volé au-dessus d’un océan ni n’était resté en l’air plus de 24 heures : c’est dire si cette traversée du Pacifique sur 8.500 kilomètres reste un défi technologique et un exploit aéronautique historiques.

Le vol jusqu’à Hawaï devait durer environ 130 heures, constituant un record pour un pilote seul aux commandes de son appareil.

Âgé de 62 ans, André Borschberg avait prévu d’entrecouper sa performance d’exercices de yoga et de brefs sommeils d’une vingtaine de minutes sur son siège, équipé d’un système de toilettes, affrontant des altitudes himalayennes autour de 28.000 pieds (8.400 mètres) et des variations de température de 55 degrés dans sa cabine monoplace non pressurisée.

“Comment vais-je vivre dans cet environnement minuscule en grimpant l’Everest tous les jours, en passant de l’hiver à l’été chaque jour du fait des changements de température, en me reposant seulement 20 minutes à chaque fois ?”, s’est-il demandé dans un récent entretien accordé à l’AFP.

 

‘Dans le pire des cas, nous avons un parachute’

En cas de panne grave en vol, le Suisse devra sauter en parachute dans l’océan, à des centaines de kilomètres de tout secours. Aucun navire ne peut en effet suivre à la trace l’appareil, qui volera à une vitesse maximum de 90 km/h à basse altitude et de 140 km/h dans les couches supérieures.

“Je ne vois pas cela comme risqué, parce que nous avons travaillé longtemps sur les différents problèmes”, a-t-il confié. “Si nous perdons un moteur, on peut voler avec les trois autres, par exemple.” “Dans le pire des cas, nous avons un parachute, un radeau de survie et on sait s’en servir. Évidemment, on espère qu’on n’aura pas à le faire”, a ajouté le pilote.

Solar Impulse 2, dont les ailes sont tapissées de plus de 17.000 cellules photovoltaïques, est parti le 9 mars d’Abou Dhabi pour un tour du monde de 35.000 kilomètres destiné à promouvoir l’usage des énergies renouvelables, et en particulier l’énergie solaire. Il a ensuite fait escale au sultanat d’Oman, en Inde, en Birmanie puis en Chine, piloté alternativement par André Borschberg et son binôme Bertrand Piccard.