Lucibel, expert en éclairage LED, a dévoilé vendredi dernier, un prototype de luminaire Li-Fi (Light Fidelity) haut débit, permettant l’accès à Internet à travers la lumière, dans plusieurs salles de réunion du site parisien de Sogeprom, filiale de Société Générale, spécialisée dans la promotion immobilière.

Le Li-Fi, l’avenir du Wi-Fi

Si l’acronyme Li-Fi fait penser au Wi-Fi, ce n’est pas un hasard. Car les deux systèmes remplissent la même fonction: transmettre des données sans fil. La différence, majeure, est d’ordre technique. Alors que le Wi-Fi fonctionne grâce aux ondes du spectre électromagnétique issues d’un réseau Internet, le Li-Fi utilise uniquement la lumière émise par des LED, les fameuses ampoules à basse consommation qui s’imposent doucement dans les foyers. Frédéric Granotier, le PDG de Lucibel, l’un des spécialistes français des solutions d’éclairage LED et pionnier du Li-Fi, explique:

“Les LED fonctionnent avec des diodes électroluminescentes qui s’allument et s’éteignent plusieurs millions de fois par seconde, créant une fréquence invisible à l’œil nu. En installant un routeur sur le système d’éclairage LED, on peut utiliser cette fréquence pour envoyer des informations ciblées à la personne qui passe sous le faisceau lumineux. C’est comme du morse, mais en infiniment plus rapide.”

Lucibel connecte internet en haut-débit par la lumière

Le prototype repose sur une lampe LED, connectée aux câbles électriques et Ethernet de l’immeuble, qui émet ses scintillements invisibles à l’œil nu, transférant les données descendantes (en download NDLR), avec un débit jusqu’à 10 Mbit/s, vers un récepteur branché à un ordinateur. Les données ascendantes (en upload NDLR) sont renvoyées par infrarouge, avec un débit entre 5 et 10 Mbit/s, à un récepteur situé juste à côté de la lampe LED. Cette méthode a une limite de débit théorique de 1 Gbits/s. Une ancienne version unidirectionnelle et bas débit (VLC Visible Light Communication) existait depuis des années.

Ne plus subir les ondes électromagnétiques

Selon Lucibel, l’utilisation de luminaires LIFI haut-débit, serait une alternative aux ondes radio, potentiellement nocives pour la santé, ce qui est d’avantage intéressant pour des environnements sensibles au WIFI, comme les hôpitaux et centres médicaux, les écoles, certaines structures industrielles, etc. Par ailleurs, elle permet un niveau nettement plus élevé de confidentialité, puisque contrairement au WIFI traversant murs et plafonds, le LIFI n’est pas accessible en dehors du champ de lumière exploitée, ce qui prévient tout risque de piratage à distance des données, ce qui particulièrement requis, par des secteurs exploitant des données sensibles (banque, recherche et développement, défense, sécurité…).

Frédéric Granotier, PDG de la société, précise que cette innovation représente une première au moins au niveau européen. Il estime que cette méthode, pourrait devenir réalité d’ici la mi-2016, dans les entreprises et bâtiments publics, et que le marché des particuliers ne serait visé que dans trois à cinq ans. Il ajoute que Lucibel planifie une industrialisation programmée sur son site industriel de Barentin (Normandie), de son prototype de luminaire LIFI haut débit.