L’arrivée d’Apple sur le marché de la diffusion de musique en streaming est “une excellentissime nouvelle” et va permettre “d’accélérer” le développement continu de ce mode de consommation, a estimé mardi Pascal Nègre, PDG d’Universal France.

Le géant américain de l’informatique, jusqu’à alors positionné sur le téléchargement avec son service iTunes, a lancé mardi son service de musique en ligne, alliant écoute en streaming (flux sans téléchargement), radio numérique et réseau social. Passée une période d’essai gratuite de trois mois, ce service doit être payant, au contraire des modèles proposés par le Suédois Spotify ou le Français Deezer, chez qui coexistent un service payant sur abonnement et un service gratuit financé par la publicité.

“L’abonnement, c’est l’avenir de la musique”, a estimé Pascal Nègre à l’occasion d’un déjeuner de presse marquant les 30 ans de la Société civile des producteurs phonographiques (SCPP), organisation réunissant les grands producteurs qu’il préside.

En France, quelque “2,5 à 2,6 millions” de personnes sont désormais abonnées à un service de streaming, selon le patron d’Universal France, précisant que les revenus des abonnements représentent désormais “20%” du chiffre d’affaires de l’industrie musicale en France, un chiffre en constante progression. L’objectif est d’atteindre les “3 millions d’abonnés à la fin de l’année”, ajoute-t-il, comptant notamment sur l’arrivée d’Apple pour doper un peu plus le marché.

En France, les deux-tiers des abonnés le sont via leur abonnement téléphonique contre un tiers directement abonné à une plateforme.

Pascal Nègre, pour qui le “modèle gratuit financé par la publicité n’a pas d’avenir”, estime qu’un seuil de 12 millions d’abonnés permettrait au secteur de retrouver le chiffre d’affaires qu’il connaissait au début des années 2000, avant l’explosion numérique et la chute vertigineuse des ventes de disques. Le marché a perdu quelque 60% de sa valeur ces quinze dernières années.

Le président de la SCPP, société collectant les droits des producteurs sur la diffusion de musique, est par ailleurs revenu sur la mission récemment lancée par la ministre de la Culture Fleur Pellerin pour tenter de trouver un accord entre artistes, producteurs et plateformes de streaming sur la répartition de la valeur créée par l’exploitation numérique. L’occasion pour M. Nègre de rejeter tout idée de “gestion collective obligatoire” des revenus issus du numérique, une option parfois avancée par les artistes: “Le kolkhoze n’est pas prévu par la Ve République”, a-t-il lancé.