L’application de partage de photos Instagram, filiale de Facebook, s’ouvre plus largement à la publicité, en permettant désormais des campagnes avec un plus grand nombre d’annonceurs et dans un nombre bien plus important de pays.

Le réseau social des photos gagné lui aussi par la publicité

“A partir de ce mois-ci, Instagram est prêt à faire des affaires et ouvert pour tous les annonceurs, grands comme petits”, avec des publicités “mondiales”, annonce l’application sur son site internet. Facebook avait racheté Instagram en 2012, et commencé l’année suivante à y diffuser des annonces publicitaires sous forme de photos “sponsorisées” par une marque.

Par crainte de faire fuir les utilisateurs de l’application, l’introduction de la publicité s’était toutefois faite très prudemment, avec un petit nombre d’annonceurs sélectionnés et une diffusion d’abord seulement aux Etats-Unis, puis dans une poignée d’autres pays. En France, les premières publicités sont arrivées seulement cette année.

“Les publicités sont maintenant disponibles dans 30 pays supplémentaires –dont l’Italie, l’Espagne, le Mexique, l’Inde et la Corée du Sud– et seront lancées sur les marchés du monde entier le 30 septembre”, indique Instagram mercredi.

L’application dit avoir testé “avec des résultats positifs” durant l’été ses nouvelles offres publicitaires, faisant état d’une “demande importante, en particulier dans des domaines comme le commerce électronique, les voyages, les divertissements et le commerce de détail”.

Un risque de voir l’application envahie par des publicités ?

Parmi les exemples mis en avant par Facebook, l’application française de rencontre en ligne Happn qui, en un mois de test, a touché “plus de 3 millions de 18-34 ans” avec “84%” des personnes ayant téléchargé l’application qui se sont inscrits.

“On le voit avec l’exemple d’Happn. Quand ils font une campagne pour faire télécharger leur application, la mesure est extrêmement simple: j’ai touché combien de personnes ? Combien de personnes l’ont téléchargée ?”, a déclaré à l’AFP Laurent Solly, directeur général de Facebook France.

Interrogé sur le risque de voir l’application envahie par des publicités, il a assuré que les équipes de Facebook et Instagram allaient “continuer à piloter cela très étroitement avec les annonceurs. C’est l’intérêt des annonceurs, d’avoir les meilleurs contenus qui correspondent à Instagram, et parce que les Instagramers sont très attachés à l’esthétique” de la plateforme.

Instagram, dont les photos carrées agrémentées de filtres ont longtemps été l’image de marque, avait déjà annoncé il y a quelques jours une petite révolution en permettant à ses utilisateurs de publier des images rectangulaires, en position portrait ou paysage.

Elle cite mercredi les photos et vidéos au format paysage comme une opportunité pour les annonceurs publicitaires, tout comme la possibilité d’avoir des spots vidéo allant jusqu’à 30 secondes ou des campagnes communes avec sa maison-mère Facebook.

Instagram revendique plus de 300 millions d’utilisateurs dans le monde, et les analystes y voient depuis longtemps une source potentielle d’importants revenus supplémentaires pour Facebook.

La société de recherche eMarketer estimait fin juillet qu’Instagram pourrait représenter 14% des recettes publicitaires mobiles de Facebook en 2017 et atteindre un total de 2,81 milliards de dollars à l’échelle mondiale contre 595 millions anticipés cette année.