L’observation à l’aide du télescope spatial Kepler d’une étoile lointaine, baptisée KIC 8462852, suscite actuellement une grande effervescence au sein de la communauté scientifique. Des variations de luminosité anormales, dont l’explication n’est pas encore connue, pourraient en effet être le signe d’un phénomène naturel exceptionnel ou, plus fascinant encore, d’une mégastructure artificielle d’origine extraterrestre.

Une mégastructure d’origine extraterrestre ?

Située à près de 1500 années-lumière de la Terre, l’étoile KIC 8462852 a été repérée par des passionnés d’astronomie prenant part au programme d’observation « Planet Hunters ». Celle-ci se distingue par de très importantes variations de luminosité, qui ne correspondent à aucun phénomène connu à ce jour. Alertés par ce groupe d’astronomes amateurs, les scientifiques ont immédiatement braqué le télescope Kepler sur l’étoile en question, pour constater à leur tour que ces variations de luminosité sont trop irrégulières pour être dues au passage d’une exoplanète devant l’étoile.

Tabetha Boyajian, l’une des étudiantes de l’université de Yale ayant vu en premier le phénomène, vient de soumettre à la revue d’astronomie Monthly Notices of The Royal Astronomical Society une étude détaillant cette observation. Selon elle, les principales hypothèses naturelles sont d’ores et déjà exclues, qu’il s’agisse d’un nuage de particules masquant la luminosité de l’étoile ou de collisions d’astéroïdes.

Les passionnés de science-fiction envisagent une explication plus surprenante, y voyant une mégastructure d’origine extraterrestre. Pour expliquer la luminosité réduite de l’astre, ces derniers évoquent une « sphère de Dyson », une coquille artificielle entourant l’étoile pour en capter l’énergie et alimenter une colonie spatiale. Vulgarisé par le physicien américain Freeman Dyson en 1960, ce concept fait depuis les beaux jours de la littérature de science-fiction. Pour les chercheurs, la thèse extraterrestre est encore loin d’être validée. La théorie la plus plausible fait état d’un amas de comètes à la trajectoire modifiée par une autre étoile proche. Le SETI prévoit une étude approfondie de l’astre mystérieux pour 2016, afin de savoir s’il s’agit d’une possible trace de civilisation extraterrestre.