Le robot Philae, posé sur la comète Tchouri, reste silencieux depuis le 9 juillet et les efforts déployés par les scientifiques européens pour rétablir le contact sont pour l’heure restés vains

Un changement de position qui pourrait rendre ses antennes inopérantes

“Aucun contact n’a été établi avec Philae depuis le 9 Juillet”, a annoncé l’Agence spatiale européenne (ESA). “L’état actuel de Philae reste incertain”, a-t-elle précisé. “Les données acquises ce jour-là sont à l’étude pour essayer de mieux comprendre la situation actuelle”.

Pour les experts du Centre de contrôle au sol de l’agence spatiale allemande (DLR), le robot-laboratoire pourrait avoir bougé et ne plus être en contact avec la sonde Rosetta, qui escorte la comète et relaie les informations qu’il envoie vers la Terre.

Il pourrait avoir été délogé par les jets de gaz et de poussière que la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko crache en se rapprochant du soleil. Un changement de position qui pourrait rendre ses antennes inopérantes ou avoir modifié leur orientation.

“Nous sommes un peu inquiets”, a reconnu la porte-parole du DLR, Manuela Braun, jointe par l’AFP. “Nous essayons de comprendre”. “Nous ne pouvons pas dire que Philae est mort mais il semble envoyer (des données) à son propre rythme”. “Nous pourrions repositionner la sonde Rosetta, mais nous ne pouvons pas déplacer Philae”, a-t-elle expliqué.

Pour l’heure, les experts de la mission Rosetta veulent analyser la situation “avant de changer quoi que ce soit qui pourrait empirer la situation”.

Ce n’est pas la première fois que Philae donne des sueurs froides aux scientifiques.

“A plusieurs reprises déjà, nous avons eu peur que Philae ne se ranime pas, mais il l’a fait”, rappelle l’ESA. “On n’abandonne pas !”. Lors d’un précédent passage à vide début juillet, le robot était resté silencieux 15 jours.

Le robot-laboratoire, largué par la sonde Rosetta, a réalisé le 12 novembre une première historique en atterrissant sur le noyau de la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko. Il a pu travailler pendant 60 heures avant de s’assoupir, faute d’un ensoleillement suffisant pour permettre à ses batteries solaires de fonctionner.

Après sept mois d’hibernation, il s’est réveillé le 13 juin. Depuis, il peine à établir une communication satisfaisante avec la sonde qui reste à une distance respectueuse d’environ 200 kilomètres pour ne pas être perturbée par les jets de gaz et de poussière.

Lors de son huitième et dernier contact le 9 juillet, Philae a communiqué plus longuement que les fois précédentes. Surtout, la communication est restée stable pendant 12 minutes et le robot a pu envoyer des données. Jusqu’à maintenant, la qualité de la communication n’a pas permis aux scientifiques de prendre la main sur Philae et de le commander. Le robot se réveille, s’éteint et travaille de façon autonome.

La mission Rosetta doit durer jusqu’en septembre 2016

Philae est doté de dix instruments. Les scientifiques espèrent notamment qu’il permettra de donner des clefs sur l’apparition de la vie sur Terre. Les comètes captivent les chercheurs parce qu’ils pensent qu’elles ont pu apporter de l’eau et des molécules carbonées sur la Terre.

Le 13 août, la comète atteindra sa “périhélie”, c’est-à-dire le point sur son orbite qui est le plus proche du Soleil. Il se situe à 186 millions de kilomètres pour “Tchouri”. La mission Rosetta doit normalement durer jusqu’en septembre 2016, date à laquelle les Européens envisagent de faire “atterrir” à son tour la sonde sur la comète, point final d’une aventure scientifique qui a passionné le monde entier.