42 ans après Apollo, la Nasa a lancé avec succès vendredi sa capsule non habitée Orion, premier vaisseau américain depuis Apollo qui pourra transporter des astronautes au-delà de l’orbite terrestre, franchissant une première étape vers la conquête de Mars. Cette capsule de 8,6 tonnes a été testée en vol autour de l’orbite terrestre vendredi avant de se poser dans l’océan Pacifique.

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“Je pense que c’est un grand jour pour le monde et tous ceux qui connaissent et aiment l’espace”, a déclaré le patron de la Nasa, Charles Bolden un ancien commandant de bord de la navette spatiale. “Nous vivons un moment exaltant car un succès de ce test nous rapproche du moment où nous mettrons des humains sur Mars”.

Après un décollage de Cap Canaveral (Floride) à 13h05 (heure française) à bord de la fusée Delta IV, la capsule Orion s’est placée en orbite un peu plus de vingt minutes plus tard et a entamé le premier de ses deux tours autour de la Terre. Le second a été effectué à 5 800 km d’altitude, soit près de 14 fois la distance de la Station spatiale internationale (ISS), située à 420 km de la Terre. Le vol s’est fait à 32 000 km/h.

La capsule Orion se pose dans le Pacifique après un premier vol réussi

Lancée peu après le lever du soleil de Cap Canaveral en Floride à bord d’une fusée Delta IV, Orion a effectué parfaitement sa mission, se posant à 16H29 GMT freinée par trois immenses parachutes, après un vol de quatre heures et 24 minutes dans le Pacifique à mille kilomètres à l’ouest des côtes mexicaines de la Basse Californie.

Orion a fait deux fois le tour de la Terre, la deuxième fois à 5.800 km d’altitude, soit près de quatorze fois la distance de la Station spatiale internationale du sol (420 km). Lors de son périple le vaisseau de 8,6 tonnes a traversé à deux reprises, en montant et en redescendant, la ceinture de radiations de Van Allen, zone de la magnétosphère entourant l’équateur magnétique et contenant une grande densité de particules énergétiques.

Après avoir atteint la plus haute altitude de son périple, la capsule s’est détachée du deuxième étage de Delta IV et du module de service pour préparer son retour dans l’atmosphère terrestre. Etant donné l’orbite sur laquelle Orion évoluait, la capsule a effectué son entrée dans l’atmosphère terrestre à plus de 32.000 km/h, soit 83% de la vitesse normale d’un vaisseau revenant de la Lune.

Après son amerrissage, Orion a été hissée sur le pont du USS Anchorage, un navire de transport amphibie, qui la transportera jusqu’au port de San Diego en Californie.

Ce vol était principalement destiné à tester le bouclier thermique du vaisseau, qui doit résister à des températures de 2.200 degrés, ainsi que ses parachutes et ses ordinateurs de bord. Il y a aussi 1.200 capteurs à bord pour mesurer les vibrations, les radiations, le niveau de bruit et la température.

Les premières données analysées par la Nasa montrent que le bouclier thermique a très bien fonctionné.

Les futures missions d’Orion dépendront du développement en cours d’un nouveau lanceur de très grande capacité, le “Space Launch System” (SLS). Au total, la Nasa a dépensé à ce jour 9,1 milliards de dollars pour financer le projet Orion dont 370 millions pour ce vol d’essai. Ensemble, Orion et le SLS devraient coûter au total de 19 à 22 milliards de dollars, selon la Nasa.

Premier voyage vers Mars vers 2030

Le prochain vol d’Orion, toujours non-habité, est prévu seulement en 2018 à bord de la fusée SLS dont ce sera le premier vol. Le vaisseau sera alors attaché au module de service que doit fabriquer l’Agence spatiale européenne (ESA). Orion, capable dans sa version actuelle de transporter quatre astronautes pour des missions de 21 jours maximum, fera son premier vol habité normalement en 2021, avec peut-être un survol de la Lune.

Ensuite, parmi les missions envisagées par la Nasa figure une visite à un astéroïde qui aura été “remorqué” par un vaisseau automatique pour être placé sur une orbite stable près de la Lune. Et dans les années 2030, l’agence spatiale parle d’un premier voyage vers Mars, un projet qui reste flou vu les contraintes budgétaires qui ont gelé le budget de la Nasa.

“Orion est seulement la première étape vers la création des capacités permettant d’aller un jour sur la planète rouge”, souligne John Logsdon, ancien directeur du Space Policy Institute à Washington. Le dernier vol d’un vaisseau habité américain au-delà de l’orbite terrestre remonte à la mission Apollo 17 en décembre 1972, qui a été l’ultime fois où des hommes ont posé le pied sur la Lune.