La sonde américaine New Horizons a désormais « la voie libre » pour s’approcher de Pluton, pour passer au plus près de la planète naine le 14 juillet prévu, conformément à sa trajectoire initiale. Après avoir scruté l’espace depuis la mi-mai avec une puissante caméra télescopique pour détecter nuages de poussière, anneaux planétaires et autres obstacles potentiels, l’équipe de New Horizons a conclu que le vaisseau pouvait rester sur la trajectoire jugée optimum pour les observations prévues et pourra effectuer le 14 juillet un survol historique de la lointaine planète naine, conformément à sa trajectoire initiale.

 

New Horizons survolera la Pluton le 14 juillet

New Horizons avance à 49.600 km/h vers la mystérieuse planète et ses cinq lunes. A cette vitesse, même un débris gros comme un grain de sable peut être catastrophique pour la sonde, expliquent les responsables de la mission. “Nous avons tous poussé un soupir de soulagement en constatant que la voie était libre”, a dit mercredi Jim Green, le responsable des sciences planétaires à la Nasa.

“Nous pourrons recueillir davantage de données -images et autres mesures- en gardant la trajectoire initiale”, a-t-il ajouté. Un changement de cap -s’il avait été nécessaire- aurait dû être fait au plus tard le 4 juillet. Quand les caméras de New Horizons étaient suffisamment près de Pluton en juin, la Nasa avait estimé le risque de collision catastrophique à moins de 1%.

“Le fait de ne pas avoir découvert de nouvelles lunes ou anneaux de poussière a été un peu une surprise”, relève Alan Stern, du Southwest Research Institute à Boulder dans le Colorado, le responsable scientifique de la mission, précisant que la sonde fonctionne parfaitement.

Le 2 juillet, New Horizons se trouvait à moins de 15 millions de kilomètres dePluton et passera au plus près à 12.500 km le 14 juillet. Elle aura alors parcouru cinq milliards de kilomètres depuis le début de son périple.

De mystérieuses taches sombres suscitent le plus grand intérêt

Les dernières images retransmises le 2 juillet, qui sont en couleur et se précisent de jour en jour, montrent deux faces très différentes de la lointaine planète.

Sur l’une on peut voir le long de l’équateur une série de taches sombres de 480 km de diamètre chacune, dont la superficie est équivalente à celle de l’Etat du Missouri et qui sont espacées régulièrement.

Des telles taches n’ont jamais été observées, ce qui suscite le plus grand intérêt dans l’équipe scientifique de New Horizons, surtout en raison de la régularité remarquable de leur espacement et de leur taille.

“C’est une véritable énigme… et nous sommes impatients de nous approcher pour savoir”

“Les grandes différences dans les couleurs et l’apparence de Pluton et de Charon, une de ses lunes qui est sombre et grise”, est une autre observation surprenante, relève-t-il. Malgré la faible luminosité de Pluton et de Charon, New Horizons devrait recueillir des données sur la géologie des deux astres et établir une topographie précise.

Pour Alan Stern cette exploration de Pluton “aura des retombées scientifiques sans équivalent depuis les missions Voyager dans les années 1980”.

Spectromètres et caméras embarqués

Pluton, découverte en 1930, possède une atmosphère formée d’azote, un système complexe de saisons, des caractéristiques géologiques distinctes et est composée principalement de roches et de glace. La planète naine tourne autour du soleil en 247,7 ans. Avec un diamètre de 2.300 kilomètres, elle est plus petite que notre Lune et d’une masse 500 fois plus faible que celle de la Terre.

Pluton pourrait aussi posséder un océan d’eau sous l’épaisse couche de glace, tout comme sa lune Charon, où une atmosphère pourrait aussi exister. Après Pluton, la sonde poursuivra son périple pour se rapprocher d’autres objets de la ceinture de Kuiper, vaste amas de débris au-delà de l’orbite de Neptune, laissé au moment de la naissance du système solaire il y a 4,6 milliards d’années.

Grâce au télescope spatial Hubble, l’équipe de New Horizons a identifié trois objets potentiellement intéressants que la sonde pourrait aller scruter. D’un diamètre de 25 à 55 km, ils se situent à environ 1,5 milliard de km de Pluton. Le vaisseau emporte à son bord sept instruments, dont des spectromètres à images infrarouge et ultraviolet, deux caméras dont une télescopique à haute résolution et deux puissants spectromètres à particules.

New Horizons dépend pour son énergie électrique d’un seul générateur thermoélectrique et fonctionne avec moins d’électricité que deux ampoules de 100 watts.