Le cinquième et dernier cargo automatique européen ATV s’est désarrimé samedi de la Station spatiale internationale (ISS), à laquelle il était accroché depuis six mois, à environ 400 km de la Terre, a annoncé l’Agence spatiale européenne (ESA).

L’ATV “Georges Lemaître” doit se désintégrer dimanche en rentrant dans l’atmosphère, au dessus d’une zone inhabitée du Pacifique sud. Cette opération marque la fin du programme ATV (Véhicule de transfert automatique) lancé il y a vingt ans et qui a permis à l’Europe de prouver sa maîtrise de l’amarrage totalement automatique.

“L’Europe peut être fière de cette réussite technologique”, a déclaré à l’AFP Dominique Siruguet, chef de mission adjoint de l’ATV5, présent au Centre spatial de Toulouse où était contrôlée l’opération de désarrimage.

La rentrée dans l’atmosphère de l’ATV-5 a été avancée de 12 jours car le cargo est confronté à une défaillance dans l’un de ses circuits d’alimentation électrique depuis la semaine dernière.

Au départ, il était prévu qu’il rentre le 27 février et qu’il teste une rentrée dans l’atmosphère avec un angle assez plat.

Le but recherché était de recueillir des données en vue de la préparation du retour de l’ISS et de sa désintégration qui pourraient intervenir aux alentours de 2024. Mais l’ESA a préféré ne pas prendre de risque et elle a annulé vendredi cette rentrée spéciale sur laquelle elle travaillait depuis plusieurs mois.

Lancé le 30 juillet 2014 par une fusée Ariane 5, l’ATV Georges Lemaître était arrivé le 12 août avec 6,6 tonnes de fret (eau potable, carburant, aliments, vêtements et matériel de recherche) pour ravitailler les astronautes de la station spatiale. Il est reparti chargé de 2,5 tonnes de déchets (pièces mécaniques, matériel dégradé ou en fin de vie, poubelles de l’équipage…) qui brûleront dans l’atmosphère.

L’ISS dispose d’autres sources de ravitaillement: le cargo russe Progress – l’un d’eux doit arriver très prochainement -, le Japonais HTV, les Américains Dragon (SpaceX) et Cygnus (Orbital Sciences). Mais ce dernier n’est pas disponible actuellement suite à l’explosion en octobre de la fusée Antares qui transportait un Cygnus.

Décidé lors de la Conférence européenne de Toulouse en 1995, le programme ATV a commencé le 9 mars 2008 avec le lancement du premier véhicule, le “Jules Verne”. L’ATV fait partie de la contribution européenne à l’exploitation de l’ISS et correspond au partage de ses coûts d’exploitation. En échange, les Européens peuvent faire voler des astronautes et conduire des expériences à son bord.

En mars 2011, le programme ATV a été limité à cinq exemplaires (au lieu de sept) “afin de laisser la place à d’autres programmes, toujours plus innovants, comme par exemple, Ariane 6”, selon Jean-Yves Le Gall, le président du CNES (Centre national d’études spatiales).

“II est particulièrement émouvant de voir se terminer ainsi une telle aventure”, a estimé M. Le Gall dans un communiqué.