Dans un précédent article, nous avons entamé la question de l’existence de la matière noire. En effet, les physiciens se basent sur l’existence de la matière noire pour expliquer différents phénomènes physiques mais quelques autres théories viennent la mettre en doute.

 

La théorie MOND

Proposée en 1983 à l’institut Weizmann, en Israël, par Mordehai Milgrom, cette théorie suppose que la deuxième loi de Newton n’est plus valable et devrait être corrigée pour certains cas comme la gravité modifiée lorsque les accélérateurs deviennent très faibles, en deçà d’un certain seuil. Cette théorie explique bien les observations de Vera Rubin dont nous avons parlé dans la première partie cet article. De plus, la théorie MOND explique bien la loi dite de Tully-Fisher. Mais elle n’est pas dépourvue de problème aussi. A l’échelle des galaxies, elle ne pose aucun problème mais à des échelles plus grandes, des difficultés surviennent. Quand il s’agit de reproduire la dynamique des amas de galaxie, ou d’expliquer le spectre des anisotropies du fond diffus cosmologique, on ne peut considérer cette théorie sans lui ajouter une composante de matière noire. En partant de ce fait, des physiciens ont essayé de concilier les théories concurrentes par diverses approches. C’est le cas de Justin Khoury, de l’université de Pennsylvanie qui parle en 2014 de la matière noire superfluide.

 

La théorie de Verlinde

On retrouve également d’autres théories plus radicales comme celle proposée récemment par le physicien théoricien de l’université d’Amsterdam, Erik Verlinde. On n’est pas au premier coup d’éclat de Verlinde. Il émettait en 2010, l’hypothèse selon laquelle la gravité serait un phénomène émergent lié à l’entropie. Dans un article paru l’année dernière, Erik Verlinde a repris sa théorie de 2010, en expliquant que la composante à la base de l’expansion accélérée de l’univers est, en réalité, une forme d’énergie sombre qui donne l’illusion de la matière noire. Dans ses calculs, Erik Verlinde retrouve la loi de Tully-Fisher ainsi que toutes les relations de la théorie MOND introduites par Mordehai Milgrom, en 1983, de façon ad hoc. Même le coefficient d’accélération de la théorie MOND qui a permis à son auteur de mettre en cause le régime newtonien, a été retrouvé. Mais plusieurs défis attendent encore la théorie d’Erick Verlinde. Le plus grand est celui du spectre des anisotropies du fond diffus cosmologique.