Cela fait quelques mois que l’on avait des nouvelles de Philae qui avait repris contact avec sa sonde Rosetta. Bien que son atterrissage ne se soit pas effectué de la manière prévue, Philae s’est présenté comme un révélateur de plusieurs informations depuis qu’il est en entré en contact avec la comète Tchouri. L’analyse des plus récentes informations que ce robot a fait parvenir à la terre semble nous révéler qu’il existe des molécules organiques sur Thcouri.

Philae découvre des briques de vie sur Tchouri

En tout, on a découvert l’existence de 16 différents composés dont 4 exceptionnels organiques. Cette découverte s’avère révolutionnaire puisque plusieurs sont des précurseurs de la vie et n’ont jamais encore été découverts sur d’autres comètes. En clair, ceci constitue un pas de géant dans la compréhension de l’origine de la vie sur terre comme le fait comprendre le professeur Bibring. A titre illustratif, il y a le méthyle et l’acétone, précurseurs des sucres et des acides aminés qui sont essentiels pour la vie.

La découverte de ces molécules organiques vient corroborer la théorie selon laquelle c’est une comète ou des comètes qui sont à l’origine de la vie sur terre. Il faut comprendre en fait que les comètes sont supposées être restées intactes depuis la formation du système solaire. Ces objets circulants sont constitués en grande partie de glace. Tchouri aurait donc des débris organiques piégés dans la glace depuis des millénaires.

Le soleil devrait rendre les micro-organismes plus actifs

La découverte des composés organiques fait conjecturer que des micro-organismes s’adaptant au froid existent sur la comète. Les images envoyées par Rosetta montrent que Tchouri a une surface variable selon les positions géographiques. En tout état de cause, le noyau est constitué de glaces. Mais les professeurs Willis et Wickramasinghe nous font comprendre que la comète se réchauffe plus elle se rapproche du soleil. Cette proximité avec l’étoile de notre système devrait rendre les micro-organismes cachés dans la glace plus actifs.

Des photos et des découvertes après sept mois d’hibernation

Les photos et mesures ont pu déterminer la position de Philae qui repose dans un fossé, couché sur le côté avec seulement deux de ces trois pieds en contact du sol.

Après son arrivée le 12 novembre, elle a pu fonctionner pendant 60 heures avant de s’endormir, faute d’un ensoleillement suffisant pour recharger ses batteries solaires. Elle s’est réveillée le 13 juin après sept mois d’hibernation alors que la comète se rapprochait du soleil. Depuis, le robot peine à établir une communication suffisante avec Rosetta qui se trouve assez loin à 200 kilomètres pour éviter les jets de gaz et de poussière.

Lors de son huitième et dernier contact le 9 juillet, Philae a communiqué plus longuement transmettant des données. Mais la qualité de la communication n’a pas permis aux scientifiques de transmettre des commandes au robot pour faire fonctionner les instruments.

Philae va faire avancer les connaissances sur l’origine de la vie

“On est convaincu que Philae va nous faire avancer considérablement sur l’origine de la vie” sur notre planète et aussi sur le fait de savoir si elle est fréquente ou pas dans l’Univers, a jugé le professeur Bibring.

Les quatre molécules détectées sur la comète entrent dans une chaîne d’évolution chimique pouvant aboutir à la formation de briques élémentaires de la vie, précise le scientifique.  Cette découverte a été faite peu après l’arrivée mouvementée de Philae le 12 novembre 2014 -après sa séparation de l’orbiteur Rosetta-, par l’un de ses dix instruments.

Au total seize composés ont pu être identifiés qui se répartissent en six classes de molécules organiques dont des alcools et des amines. Parmi ces molécules, les quatre jamais trouvées jusqu’à présent sur une comète, sont entre autres du méthyle et de l’acétone, des précurseurs de molécules importantes pour la vie comme les sucres et les acides aminés.

Une vision des processus chimiques qui se produisent dans un noyau cométaire

Mais la présence de ces derniers composés plus complexes n’a pas pu être identifiée avec cette première analyse, ont indiqué les chercheurs.  Ces observations donnent un aperçu des processus chimiques qui se produisent dans un noyau cométaire et même déjà dans le nuage de poussière qui, en s’effondrant, a donné naissance au système solaire il y a 4,6 milliards d’années, selon ces astronomes.

Dans la mesure où les comètes n’ont pas subi de changement depuis l’émergence du système solaire on peut déduire, de ces observations, que ces composés organiques cométaires étaient déjà agglomérés sous forme de grains de plusieurs millimètres comme sur “Tchouri”. On pensait jusqu’alors que seulement de petites molécules organiques étaient piégées dans la glace des noyaux cométaires.

Ce sont de tels grains qui en se retrouvant dans les océans de la Terre et peut-être sur d’autres planètes et lunes ailleurs dans le système solaire, auraient pu favoriser l’émergence de la vie, estiment les auteurs de ces travaux.