Plus de quatre ans d’expédition autour du monde pour rapporter un véritable trésor biologique avec plus de 35 000 échantillons de plancton collectés à travers le monde, l’expédition Tara Océans a révélé ses premiers secrets. Les chercheurs de l’expédition ont déjà répertorié 40 millions de gènes microbiens totalement inconnus jusqu’à présent.

Une pêche au plancton effectuée entre 2009 et 2013, sur toutes les mers du globe

L’expédition s’est attachée à décrire sous toutes ses facettes un monde méconnu, presque invisible : le plancton. « Le plancton, c’est bien plus que de la nourriture pour les baleines, décrit Chris Bowler (ENS, Inserm, CNRS). Ces micro-organismes sont à la base de toute la chaîne alimentaire des océans, mais aussi de mécanismes qui influencent l’ensemble de la planète, comme le cycle du carbone. » Ils représentent 80 % de la biomasse des océans, et produisent par photosynthèse la moitié de l’oxygène que nous respirons. “Les analyses ont révélé environ 40 millions de gènes microbiens dont la grande majorité sont nouveaux suggérant que la biodiversité du plancton pourrait être bien plus importante que ce que l’on imaginait”, affirme Patrick Wincker du Centre national français de séquençage (Genoscope), un des membres de l’équipe.

“Il s’agit du plus grand travail de séquençage jamais effectué pour des organismes marins”

Les micro-organismes formant le plancton –virus, microbes, algues unicellulaires et larves de poissons– qui dérive dans les océans au gré des courants produisent la moitié de notre oxygène, absorbent une bonne partie du carbone émis dans l’atmosphère et influencent autant qu’ils sont influencés par le climat.

Cette cartographie constitue un premier pas vers une plus grande compréhension de la dynamique et de la structure de l’écosystème marin dans sa globalité, commentent les chercheurs.

Ils ont notamment séquencé près d’un milliard de codes-barres génétiques de micro-organismes se trouvant dans le plancton et découvert qu’il existe une plus grande variété d’eucaryotes unicellulaires comme les micro-algues qu’attendu, précise Colomban de Vargas, directeur de recherche au Centre national français de la recherche scientifique (CNRS).

Des groupes d’organismes différents se forment selon la température de l’eau.

Comprendre la distribution de ces organismes dans les océans ainsi que leurs interactions sera très utile pour calibrer des modèles informatiques nécessaire pour étudier les changements à l’échelle du globe, dont surtout le réchauffement du climat et son impact futur sur les écosystèmes océaniques.

“Cette aventure sert aussi à montrer (au public) à quel point les océans sont importants pour notre propre bien-être”, souligne Eric Karsenti, directeur de Tara Oceans et directeur de recherche au CNRS.

L’expédition a permis de ramener 35.000 échantillons prélevés dans l’ensemble des mers et bassins océaniques de la planète dont une petite partie a été jusqu’à présent étudiée.

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