Selon une étude, la plupart des espèces d’oiseaux sont apparues après l’extinction des dinosaures. La plupart des plus de 10.000 espèces d’oiseaux sont donc apparues après l’extinction des dinosaures, comme le montre une vaste étude génomique qui apporte aussi un nouvel éclairage sur leur évolution et celle des humains.

Ces travaux, menés durant quatre ans par une équipe internationale de 200 scientifiques de vingt pays, ont permis de séquencer le génome de 48 grandes espèces aviaires (autruche, canard, faucon, perroquet, ibis, aigle…), ce qui est sans précédent pour une seule famille animale.

Un big-bang des oiseaux après l’extinction des dinosaures !

Alors que l’hypothèse avancée actuellement affirme que les oiseaux sont apparus 10 à 80 millions d’années avant la disparition des dinosaures, une nouvelle étude montre que 10 000 espèces d’oiseaux sont apparues après l’extinction des dinosaures.

Une vaste étude génomique américaine vient bouleverser la vision que les scientifiques avaient de l’évolution de la vie sur Terre, et notamment des oiseaux. En effet, cette étude parue dans le magazine américain Science démontre que sur les quelque 10.000 espèces d’oiseaux que nous connaissons aujourd’hui, une grande partie sont apparus rapidement après l’extinction des dinosaures, qui intervint il y a 66 millions d’années.

Les espèces d’oiseaux sont apparues “rapidement” après l’extinction des dinosaures

Ces travaux pendant quatre ans d’une équipe internationale de 200 scientifiques de vingt pays ont permis de séquencer le génome de 48 grandes espèces aviaires (autruche, canard, faucon, perroquet, ibis, aigle…), ce qui est sans précédent pour une seule famille animale.

Ils ont donné lieu à 28 études, dont huit sont publiées jeudi dans la revue américaine Science. Elles démontrent que seules quelques espèces d’oiseaux ont survécu à l’extinction des dinosaures il y a 66 millions d’années et d’autres animaux pour connaître ensuite une sorte de “big bang”, c’est-à-dire une évolution accélérée permettant l’émergence en moins de quinze millions d’années d’une diversité aviaire spectaculaire.

Cela contredit l’hypothèse avancée jusqu’à présent selon laquelle les oiseaux dits modernes étaient apparus de 10 à 80 millions d’années avant la disparition des dinosaures. L’une de ces études a également permis de remonter à l’ancêtre commun aux oiseaux, aux crocodiles et aux dinosaures: les archosauriens.

Le poulet, cousin des dinosaures

L’une de ces études a également permis de révéler des spécificités plutôt drôles. Oiseaux, crocodiles (leur plus proche cousin vivant) et aux dinosaures auraient donc les mêmes ancêtres: les archosauriens. Et le poulet partage davantage de similarités dans ses chromosomes avec les dinosaures, que les autres oiseaux. Ce nouvel arbre généalogique des oiseaux résout, en outre, des débats de longue date sur les liens de parenté entre les espèces et leurs origines. Ces travaux permettent, par exemple, de confirmer que les oiseaux aquatiques ont trois origines distinctes et que l’ancêtre commun des oiseaux terrestres (perroquet, pivert, chouette, aigle, faucon, etc.) était un grand prédateur.

Humains et oiseaux ont les mêmes gènes du son

Ces scientifiques ont aussi déterminé que le poulet partage davantage de similarités dans ses chromosomes avec les dinosaures, que les autres oiseaux.

D’après six autres études, certaines espèces d’oiseaux possèdent les mêmes gènes que les humains pour l’apprentissage des sons. “Nous savons depuis longtemps qu’il y a des similarités entre le chant des oiseaux et la parole humaine mais nous ne savions pas si les mêmes gènes étaient impliqués… et la réponse est oui”, a dit Erich Jarvis, un chercheur de l’Université Duke (Caroline du Nord).

Des chercheurs japonais ont déterminé que plus de 50 gènes subissent des changements similaires avec l’activité des circuits cérébraux spécialisés dans l’apprentissage des sons de certains oiseaux (colibri, passereau et perroquet) et les régions de la parole dans le cerveau humain.

Le séquençage de ces génomes a aussi révélé que les oiseaux ayant survécu aux dinosaures ont perdu leurs dents il y a environ 116 millions d’années avec des mutations sur les cinq gènes codant la production d’émail et d’ivoire. Ce nouvel arbre généalogique des oiseaux résout en outre des débats de longue date sur les liens de parenté entre les espèces et leurs origines.

Ces travaux permettent par exemple de confirmer que les oiseaux aquatiques ont trois origines distinctes et que l’ancêtre commun des oiseaux terrestres (perroquet, pivert, chouette, aigle, faucon…) était un grand prédateur. Malgré la diversité biologique des oiseaux, leur génome contient moins de gènes (14.000 environ) que d’autres grandes familles animales. Cette étude, menée notamment par Guojie Zhang de la National Genebank en Chine, a permis de découvrir que le génome des oiseaux a perdu des milliers de gènes au début de leur évolution peu après avoir divergé des autres reptiles.

“Un grand nombre de ces gènes (perdus par les oiseaux) ont des fonctions essentielles chez les humains comme dans la reproduction, la formation du squelette et des poumons”, précise le professeur Zhang. “La perte de ces gènes clé pourrait avoir eu un effet important sur l’évolution d’un grand nombre de caractéristiques des oiseaux”.

“Ceci est intéressant car on s’attend généralement à ce que l’innovation en matière d’évolution résulte de la création de nouveaux matériaux génétiques, pas d’une perte…”, a-t-il ajouté. Mais après cette perte de gènes tôt dans leur évolution, la structure génomique aviaire est restée remarquablement stable pendant plus de cent millions d’années, ont conclu les chercheurs.

D’après six autres études, certaines espèces d’oiseaux possèdent les mêmes gènes que les humains pour l’apprentissage des sons. «Nous savons depuis longtemps qu’il y a des similarités entre le chant des oiseaux et la parole humaine mais nous ne savions pas si les mêmes gènes étaient impliqués… et la réponse est oui», s’est félicité Erich Jarvis, un chercheur de l’Université Duke (Caroline du Nord), révélant au passage que les oiseaux ayant survécu aux dinosaures ont perdu leurs dents il y a environ 116 millions d’années.

Alors que dans le même temps, les mammifères ont évolué de manière beaucoup plus importante. La masse des données produites par ce séquençage des génomes de 48 espèces a requis 300 années de temps de calcul ordinateur, et certaines analyses ont nécessité des super-ordinateurs.
Avec l’AFP